CapitaliserGuide4 min de lecture

Construire une base de références projets réellement utilisable

Presque tous les bureaux d’études ont une liste de références. Presque aucun ne peut répondre en dix minutes à « quelle référence citer pour cette consultation ». Voici l’écart, et comment le combler.

Nathan GoutagnyFondateur de NateSystem

La plaquette commerciale contient une liste de références : des noms de clients, parfois des logos, quelques titres de missions. Elle sert à rassurer un prospect. Elle ne sert à rien quand un chargé d’affaires doit choisir, en dix minutes, les deux références les plus pertinentes à citer dans un mémoire technique.

Les onze champs d’une fiche de référence

ChampPourquoi il est là
Intitulé de la missionCe qui a été fait, en langage client
Client et son secteurPour juger de la proximité de contexte
Type de maîtrise d’ouvragePublique ou privée · le formalisme et les attentes diffèrent
Périmètre réellement livréPas celui du contrat : celui exécuté, avenants compris
Ordre de grandeur du projetSurface, puissance, budget travaux, selon le métier
Montant de la missionPour juger de la comparabilité d’échelle
Année de livraisonUne référence de plus de cinq ans pèse moins
Compétences mobiliséesLes disciplines réellement engagées
Statut de citabilitéPublique, anonymisée, ou confidentielle · le champ décisif
Chargé d’affairesQui peut en parler en dix minutes
Lien vers les livrablesUn lien, pas une description
Le minimum pour qu’une référence soit exploitable au moment d’une réponse.

Onze champs, dont trois seulement demandent une réflexion. Le reste est déjà quelque part dans l’ERP ou dans le dossier d’affaire.

Le champ que personne ne remplit et qui bloque tout

Le statut de citabilité. Sans lui, il se passe systématiquement la même chose : le chargé d’affaires trouve une référence parfaite, ne sait pas s’il a le droit de la citer, demande, n’obtient pas de réponse rapide, et cite finalement une référence plus faible mais dont il est sûr.

Trois valeurs suffisent.

  • Publique : le client accepte d’être nommé. Utilisable telle quelle, y compris avec logo.
  • Anonymisée : la mission est citable sans nommer le client : « un site industriel de 12 000 m² en Auvergne-Rhône-Alpes ».
  • Confidentielle : ne sort pas de l’entreprise. Reste utile en interne pour le chiffrage et la méthode.

L’erreur du catalogue

La tentation, une fois la structure décidée, est de vouloir reprendre l’intégralité de l’historique. C’est le meilleur moyen de ne jamais terminer.

Une base de références n’a pas besoin d’être exhaustive pour être utile. Elle a besoin de couvrir ce qui est effectivement cité : les missions des cinq dernières années, et les quelques références anciennes qui restent des marqueurs. Trente fiches bien renseignées valent mieux que trois cents lignes incomplètes.

La maintenance, qui décide de la durée de vie

  1. Une fiche créée à chaque clôture d’affaire, dans le même geste que le retour d’expérience.
  2. Une revue annuelle du statut de citabilité : les autorisations vieillissent, les interlocuteurs changent.
  3. Une mise à jour du chargé d’affaires référent quand quelqu’un quitte l’entreprise. Une fiche qui pointe vers une personne partie ne vaut rien : voir ce qui part avec un ingénieur.
  4. Un propriétaire nommé. Sans lui, la base est à jour six mois et périmée en dix-huit.

Questions fréquentes

Que doit contenir une fiche de référence projet ?
Onze champs : intitulé, client et secteur, type de maîtrise d’ouvrage, périmètre réellement livré, ordre de grandeur du projet, montant de la mission, année, compétences mobilisées, statut de citabilité, chargé d’affaires référent, et lien vers les livrables. Le statut de citabilité est celui qui bloque l’usage quand il manque.
A-t-on le droit de citer un client en référence ?
Cela dépend du contrat et de l’accord du client. Beaucoup de marchés comportent une clause de confidentialité, et certains clients acceptent d’être cités sans logo ou de manière anonymisée. La question doit être tranchée à la clôture de l’affaire et consignée, plutôt que reposée à chaque réponse à consultation.
Faut-il reprendre tout l’historique des projets ?
Non, et vouloir le faire est la raison la plus fréquente pour laquelle ces bases ne voient jamais le jour. Les cinq dernières années plus quelques marqueurs anciens couvrent l’essentiel de ce qui est réellement cité. Trente fiches complètes valent mieux que trois cents incomplètes.
Où stocker la base de références ?
Là où les gens travaillent déjà : l’ERP métier s’il porte les affaires, à défaut un espace partagé structuré. L’emplacement compte moins que deux choses : que la fiche se crée automatiquement à la clôture, et qu’elle remonte au moment de préparer une réponse.
Partager

Ce sujet correspond à une priorité chez vous ?

Vous hésitez entre plusieurs solutions et la vraie question est peut-être ailleurs ? Décrivez votre situation, je vous dis honnêtement si un outil du marché suffit.