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GED pour bureau d’études : ranger ne suffit pas à retrouver

Comparatif des solutions de gestion documentaire adaptées aux bureaux d’études, et la raison pour laquelle une GED bien déployée ne résout pas le problème qu’on attendait d’elle.

Nathan GoutagnyFondateur de NateSystem

La demande arrive presque toujours dans les mêmes termes : « on perd un temps fou à chercher des documents, il nous faut une GED ». C’est une conclusion raisonnable, et elle est partiellement fausse. Ce comparatif présente les solutions, puis explique la partie du problème qu’elles ne traitent pas.

Les solutions du marché

SolutionOrigineProfil viséPoint fort
ZeendocFranceTPE, PME, collectivitésRéférence française du segment PME, forte sur la dématérialisation des factures
DocuWareAllemagnePME et ETIWorkflows métier et facturation électronique
M-FilesFinlandeETI multi-systèmesClassement par métadonnées plutôt que par arborescence
ELOAllemagneOrganisations avec besoin BPMCouplage fort entre GED et processus
AlfrescoHyland (États-Unis)Grandes organisationsOpen source à l’origine, plateforme extensible
NuxeoHyland (États-Unis)Gros volumes documentairesModèle de contenu très souple
SharePointMicrosoftStructures déjà sous Microsoft 365Inclus dans l’abonnement, intégration bureautique native
Positionnement des principales solutions accessibles en France.

Le critère qui compte : métadonnées ou arborescence

La vraie ligne de partage entre ces solutions n’est pas le prix ni le nombre de fonctions. C’est le modèle de classement.

Une GED par arborescence reproduit ce que vous avez déjà : des dossiers imbriqués. Elle apporte du contrôle de version et de la traçabilité, ce qui n’est pas rien, mais elle conserve le défaut d’origine : un document ne vit qu’à un seul endroit, décidé par celui qui l’a rangé.

Une GED par métadonnées, comme M-Files, retourne la logique : un document porte des attributs (client, projet, type, phase, statut), et se retrouve par n’importe quelle combinaison. C’est plus proche du besoin réel d’un bureau d’études, et nettement plus exigeant à mettre en place, parce qu’il faut décider du modèle de métadonnées et s’y tenir.

Ce qu’une GED résout, et ce qu’elle ne résout pas

Question poséeLa GED répond ?
Où est le rapport final du projet Durand de 2023 ?Oui, très bien
Quelle est la dernière version validée de ce CCTP ?Oui, c’est son cœur de métier
Qui a modifié ce document et quand ?Oui
Avons-nous déjà traité un cas comparable à cette consultation ?Non
Combien de temps cette mission a-t-elle réellement pris par rapport au devis ?Non
Cette référence est-elle citable dans un mémoire technique ?Non
Qui, en interne, peut me répondre en dix minutes sur ce sujet ?Non
Deux questions qui se ressemblent et n’ont rien à voir.

Les trois premières questions supposent qu’on sait ce qu’on cherche. Les quatre suivantes supposent l’inverse, et ce sont celles qu’on se pose quand une affaire arrive. Un classement optimise le stockage ; il n’optimise pas la restitution.

Un rapport parfaitement classé dans le bon dossier reste invisible pour celui qui ne sait pas que ce projet a existé.

C’est pourquoi une GED est souvent un bon investissement et une mauvaise réponse à la douleur exprimée. Le raisonnement complet est dans quand l’information existe mais que la décision reste difficile.

Questions fréquentes

Quelle GED choisir pour un bureau d’études ?
Pour une PME française avec un besoin centré sur la dématérialisation et un budget contenu, Zeendoc est la valeur la plus établie du marché national. Pour une structure qui veut classer par métadonnées plutôt que par arborescence (souvent le bon modèle pour un BE). M-Files est le candidat le plus direct. Si vous êtes déjà sous Microsoft 365, commencez par exploiter correctement SharePoint avant d’acheter autre chose.
SharePoint suffit-il comme GED pour un bureau d’études ?
Souvent oui sur le plan technique, à condition d’investir dans le modèle de métadonnées et la gouvernance : ce qui est rarement fait. SharePoint mal exploité devient un lecteur réseau dans le cloud. Le sujet est traité dans les alternatives à SharePoint.
Une GED permet-elle de retrouver les projets comparables à une nouvelle affaire ?
Non. Une GED retrouve un document quand vous savez à peu près ce que vous cherchez. Elle ne fait pas le lien entre une consultation qui arrive et des projets antérieurs dont vous ignorez l’existence, et elle ne porte ni le coût réel de ces missions, ni les écueils rencontrés, ni le droit de les citer en référence.
Combien coûte une GED pour une PME ?
Les ordres de grandeur publiés sur le marché français vont d’environ 25 à 100 € par utilisateur et par mois pour les solutions SaaS propriétaires. Les solutions open source sont gratuites en licence, mais leur coût se déplace vers l’hébergement, l’intégration et la maintenance. Dans tous les cas, le poste dominant reste la reprise de l’existant.
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