Quand il vaut mieux ne pas construire
Six situations dans lesquelles engager un développement est prématuré, et ce qu’il faut faire à la place. C’est la conclusion la moins vendue, et souvent la plus utile.
Un prestataire est payé pour construire. C’est précisément pour cette raison qu’il faut se méfier de celui qui conclut toujours qu’il faut construire.
Voici les six situations où je recommande de ne pas lancer de développement, et ce qu’il faut traiter d’abord.
1. La responsabilité n’est pas claire
Personne n’est identifié comme responsable du résultat. Le projet est porté par une intention collective, ce qui signifie qu’il ne sera arbitré par personne quand les premières questions arriveront.
À faire d’abord : nommer un propriétaire métier, avec du temps réellement disponible. Pas un sponsor : quelqu’un qui répondra aux questions et validera les règles.
2. Les sources ne sont pas reliables en l’état
Les données existent mais ne partagent aucun identifiant commun, ou les champs nécessaires sont remplis trop irrégulièrement pour fonder une règle de sélection.
À faire d’abord : un travail de structuration limité, sur les seuls champs dont la boucle a besoin. Pas un nettoyage complet du CRM : un nettoyage ciblé.
3. Le déclencheur est imprécis
Si l’on ne sait pas dire exactement quand le système doit se manifester, il se manifestera trop souvent ou jamais. « Quand un compte est inactif » n’est pas un déclencheur. « Quand une opportunité dépasse trente jours sans activité enregistrée » en est un.
4. Aucune mesure n’est définie
Sans indicateur fixé avant le démarrage, personne ne pourra dire si le système fonctionne. Les discussions d’après-livraison deviennent alors des questions d’opinion, et la boucle est abandonnée sans qu’on sache si elle marchait.
Si vous ne savez pas ce que vous mesurerez, vous ne saurez pas non plus s’il faut continuer.
5. Le périmètre est trop large
Vouloir traiter le commercial, la production et la direction en même temps garantit que rien ne sera en production avant longtemps. Le périmètre doit être réduit jusqu’à ce qu’une première boucle tienne en six à huit semaines.
À faire d’abord : choisir, et accepter de différer le reste. C’est un arbitrage désagréable, et c’est celui qui détermine la réussite.
6. La valeur ne le justifie pas
Parfois la situation est réelle, la douleur aussi, mais elle se produit six fois par an et coûte une heure à chaque fois. Aucun système ne rentabilise ça.
À faire : renoncer, et le dire clairement. C’est une conclusion légitime, et elle évite de financer un projet qui n’aurait jamais tenu ses promesses.
Pourquoi cette liste existe
Le Diagnostic se termine par une recommandation explicite : construire, corriger d’abord, ou ne pas poursuivre. Les deux dernières sont des issues normales, pas des échecs, et elles coûtent 2 500 € au lieu d’un projet entier engagé pour rien. Sur la différence entre les trois niveaux, voir Diagnostic, Construction, Pilotage.
Ce sujet correspond à une priorité chez vous ?
Un doute sur l’une de ces six situations ? C’est précisément ce qu’un premier échange permet de lever.